Sarajevo, une histoire tragique

La capitale bosnienne, Sarajevo, n’est qu’à deux heures de route de Mostar. Et la route à elle seule vaut largement le détour ! Elle serpente entre les montagnes, et de vallées en vallées, nous arrivons à notre prochaine destination : un camping à une trentaine de minutes de route de la capitale. L’accueil très chaleureux des propriétaires contraste avec le froid qui commence à s’installer. Après avoir siroté un verre de rakija en leur compagnie, nous leur demandons comment nous rendre en ville en transports en commun. La communication se fait en allemand, qu’ils parlent mieux que l’anglais. Ils ont en effet vécu pendant quatre ans à Fribourg, pour fuir la guerre.

Au contraire de Mostar, le souvenir de la guerre est très présent ici. Quasiment toutes les “attractions” touristiques ont pour thème le siège de Sarajevo, qui dura près de quatre ans, entre 1992 et 1995. Nous étions jeunes à l’époque mais le nom de la ville est très associé dans nos mémoires à un conflit qui a fait beaucoup de victimes civiles. Lors de notre séjour, nous visitons le fameux tunnel de Sarajevo, qui a permis à l’époque de relier la ville bombardée par les forces serbes et quadrillée par les snipers et les “zones libres” contrôlées par l’ONU et l’armée bosnienne. Ce tunnel, dont l’entrée que nous visitons se situe dans une maison, passe sous l’aéroport de Sarajevo. Les forces de l’ONU, des soldats bosniens, des blessés, des marchandises l’empruntaient quotidiennement en cachette.

Le tunnel, 1m60 de haut et 1m de large, s’étend sur 800 mètres
Vue de l’aéroport depuis l’entrée nord du tunnel
Dans le jardin du musée du tunnel. Nous pensons que les mines sont désamorcées, mais nous ne nous sommes pas approchés davantage…

Outre cette visite évidemment émouvante, nous avons apprécié découvrir (une seconde fois pour Julien) cette ville multiculturelle.

La fontaine Sebilj, sur la place aux Pigeons
Une des allées du bazar de Baščaršija, le coeur de ville
Une allée couverte du bazar

Après les accords de Dayton en 1995 qui mettent fin à la guerre de Bosnie, beaucoup de mouvements de population ont lieu dans le pays, et la ville de Sarajevo se dépeuple de ses Serbes et Croates. Aujourd’hui 80% de la population est bosniaque – musulmane.

Des fidèles prient à la mosquée
La “frontière” entre le vieux et le nouveau Sarajevo. Heureusement cette frontière n’est que symbolique !

Nous nous baladons dans les rues et tombons sur une des rares églises catholiques du pays, qui accueille la centaine de Croates de la ville.

L’église catholique croate

En face de cette église, nous découvrons la brasserie de la ville et nous nous y arrêtons pour siroter la Sarajevsko pivo.

L’extérieur de la brasserie
L’intérieur cosy

Le coût de la vie, et notamment la nourriture, n’est pas très élevé ici. Julien souhaitait retourner à un restaurant typique qu’il avait bien aimé lors de son passage en 2010, Inat Kuca, qu’on pourrait traduire par “la maison de la rancune”. Le nom du restaurant est un hommage à un habitant de Sarajevo qui, se faisant exproprier par les occupants austro-hongrois, a exigé que sa maison soit démolie puis reconstruite, pierre par pierre, sur l’autre rive du fleuve. La ténacité bosnienne…

Le restaurant depuis l’extérieur

Après un copieux repas que nous payons en KM, les marks convertibles, au taux fixe de 2 KM = 1 €, nous profitons du rituel du café bosnien sous un timide rayon de soleil.

Les rues sont très animées ici, et puisque nous sommes hors saison, nous rencontrons peu de touristes. Sans prétendre nous fondre complètement dans la masse (appareil photo et plan de la ville obligent), nous prenons tout de même tram et bus pour nous déplacer, et les locaux nous prêtent peu d’attention.

Vue depuis l’intérieur du tram, qui est d’un autre âge

Nous l’avions lu avant de venir, la ville de Sarajevo se vit plus qu’elle ne se visite. Nous avons donc profité de ses cafés, de ses ćevapi ou encore de ses baklava, pour autant la ville nous laisse un goût d’inachevé. Peut-être est-ce le climat froid, la nuit qui tombe très tôt ou l’atmosphère parfois mélancolique qui s’en dégage ? Toujours est-il que la capitale bosnienne méritera une nouvelle halte, peut-être à une autre saison.

Coucher de soleil sur le pont Latin, sur lequel fut assassiné le duc François-Ferdinand en 1914

 

 

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