Sous le soleil solognot

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Nous partons d’Orléans sous un soleil écrasant. La destination que nous visons est l’Auvergne, mais pour ce voyage, nous voulons – paradoxalement – prendre notre temps. Aussi, nous cherchons assez rapidement, en ce milieu d’après-midi, un point de chute, si possible une aire équipée ou un camping. Au diable l’avarice, nous avons besoin d’une douche ! C’est presque par hasard que nous trouvons le camping de la Ferté-Beauharnais.

Le petit village de la Ferté-Beauharnais compte 500 âmes, et un nom qui évoque le Premier Empire ! On pense bien sûr à Joséphine… et nous apprenons qu’il ne s’agit pas de son nom de naissance, mais de celui de son premier mari, Alexandre ! Ledit Alexandre sera décapité par le tribunal révolutionnaire pour avoir perdu Mayence contre les Prussiens en 1793, mais il avait détourné la tête (pardonnez cet humour noir…) de Joséphine et ils s’étaient séparés quelques temps plus tôt. Elle en a tout de même gardé le pseudonyme, plus simple à écrire sur les cartes de visite que son nom de naissance, Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie.

Le camping n’est pas très grand (une trentaine d’emplacements) et nous sommes accueillis par trois hommes très sympathiques ! Tout est écrit en deux langues, français et néerlandais. Des travaux ont été faits dans le camping pour aménager un petit étang sur lequel on peut se déplacer en barque, une petite plage au bord d’une rivière. Moins nature mais tout aussi réconfortant, un petit jacuzzi extérieur nous accueillera le jour-même. Nous n’avons pas de plan défini pour le lendemain, mais à 10 heures lundi, Patrick le propriétaire des lieux nous présentera la Sologne et les activités ! Le même Patrick propose également aux campeurs affamés des pizzas maison, mais nous avons des provisions du marché d’Étrechy.

La nuit est calme, et le lendemain, nous assistons à la fameuse présentation de la Sologne. Patrick est un passionné et nous conte sa région comme le ferait un conférencier : avec de la géographie (les cours d’eau la Loire, le Cher), de l’histoire (les pins plantés par Napoléon III, attaché à la région), des bons plans visite (pour les châteaux de la Loire), en insistant sur la spécificité de cette partie de la Sologne : les étangs. Sur ses conseils, nous souhaitons visiter La maison des étangs à Saint-Viâtre. Le village de Saint-Viâtre est à 7 kilomètres du camping : nous les parcourrons en vélo ! Jane, qui pédale presque tous les jours pour aller au travail, est ravie, et Julien, qui ne pédale pas beaucoup, aussi, car il vient d’apprendre que c’est plat presque partout.

Nous enfourchons les vélos prêtés par le camping, en nous arrêtant volontiers au bord des étangs, omniprésents pendant cette journée.

Un grand étang parmi les 3000 de Sologne

Nous faisons un arrêt le midi dans le bar-restaurant d’un petit village, en intérieur car le soleil tape dur.

Maison solognote : avec autant d’argile sous le sable, c’est évidemment la brique qui prédomine !

Après un repas roboratif, nous repartons en vélo et arrivons dans le village de Saint-Viâtre. Nous ne croisons absolument personne, les commerces sont fermées et les habitants probablement en vacances. Nous visitons l’église de Saint-Viâtre qui possède deux particularités que vous découvrez en images.

Au premier plan, nos vélos d’un jour. Au second plan, le clocher tors de l’église de Saint-Viâtre
Le caquetoire de l’église

Le clocher tors, particulièrement esthétique, est en fait accidentel : le bois a tourné avec le temps et a donné cette forme originale – il en existe seulement une centaine en Europe. Quant au caquetoire (on aime beaucoup ce nom) il servait d’espace abrité de discussion aux hommes et femmes de l’époque, avant ou après la messe, pour se raconter les derniers potins.

Notre visite au musée des Étangs commence à 14h30, et c’est passionnant ! Le guide est membre d’une association locale, et nous explique les étangs et leur écosystème. Les étangs sont tous artificiels, et vidés de temps en temps (l’eau se déverse dans un étang vide à côté) pour une pêche qu’on pourrait qualifier de miraculeuse. Tel un évier, les étangs sont vidés au moyen d’une bonde, c’est très ingénieux !

Un étang et sa bonde, au premier plan

Nous continuons la visite pour découvrir un métier à tresser les cordes, une reconstitution d’un intérieur solognot. En repartant, nous passons devant un autre monument de la ville, le “chafaud” du XVème siècle, qui servait aux représentations.

Le chafaud

Nous revenons en milieu d’après-midi au camping, en nage, et nous barbotons dans la rivière.

Campagne autour de Saint-Viâtre

En rentrant, il y a une animation : un loto organisé par le camping ! On y participe volontiers, d’autant qu’un des gérants veut ce loto sous le signe des “vacances apprenantes” : à chaque numéro tiré, on doit trouver le nom du département associé. On ne s’en sort pas trop mal, mais on a toujours des difficultés avec les départements qu’on connaît moins bien.

Heureusement, grâce à ce stop, nous saurons désormais associer le 41 au Loir-et-Cher !

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Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Elisabeth MILLERET dit :

    On apprécie beaucoup vos “caquetages” (excusez ce terme que nous ne voulons que laudatifs !) dans et hors du caquetoire !
    Bisous

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