Tirana : pluie, nature et surprenantes rencontres

Nous nous empiffrons de fruits frais et de tartines au petit déjeuner pour attaquer la journée qui s’annonce pluvieuse : c’est parfait, nous avons justement décidé de visiter le musée National de l’Histoire dont on avait aperçu la belle façade en mosaïque la veille.

Le musée s’étend sur plusieurs étages, avec un cheminement temporaire, des rares traces de civilisation primitive Illyriennes retrouvées aux évènements plus récents. Nous apprenons que le musée va être rénové ce qui n’est pas inutile : le rez-de-chaussée est bien documenté, même si seulement en albanais et anglais, mais les étages supérieurs sont très hétérogènes : on retrouve parfois des commentaires en français mais pas en anglais, parfois pas de commentaires du tout… on se perd parfois dans les salles et tombons sur un coin de couloir dédié à Mère Theresa…! Les quatre siècles d’occupation de l’Empire Ottoman sont passés sous silence, mise à part une très belle exposition sur les icônes (orthodoxes !) peintes sur bois, par contre de nombreuses salles sont consacrées à la résistance des Albanais pendant la seconde guerre mondiale. La dernière salle sur la dictature communiste semble intéressante mais rien n’est traduit : peut-être n’est-il pas si simple après des années d’isolement complet de dévoiler publiquement son linge sale… Espérons qu’à partir de l’année prochaine les indications seront plus claires et traduites en quelques langues !

La statue de Skanderberg

Nous nous glissons entre les gouttes et rentrons à l’appartement pour y déguster un Byrek délicieux (ici on dit “burek”, et non pas “bourek” comme dans le reste des Balkans).
Le soir, nous dînons dans un restaurant qui nous a été recommandé par notre hôte AirB&B : Oda, un restaurant traditionnel, au milieu de tous les restaurants italiens et les fast-foods qui recouvrent la ville. Les salles sont très petites, et si nous ne pouvons pas avoir la table traditionnelle, très basse, nous mangeons néanmoins très bien des mets à la viande et des légumes farcies très bons. À la fin du repas, un homme vient nous parler car il nous a entendu parler français, et voulait nous saluer : il est Suisse vivant en Albanie depuis 9 ans. Finalement il s’assoie à table avec nous et nous parle du pays et de ses habitants : le soutien des États-Unis lors de l’indépendance du pays, les relations avec le Kosovo et les Albanais de Macédoine, la loi de l’hospitalité qui prime sur les vengeances du sang (le kanun), les problèmes de corruption … c’est très instructif, même si un peu cynique sur l’état du pays.

Pour la dernière journée en compagnie des parents de Jane, nous décidons d’explorer les montagnes qu’on aperçoit depuis la ville et qui ne sont qu’à quelques kilomètres de Tirana. Nous nous rendons en taxi jusqu’au téléphérique au pied de la montagne Dajtit. Nous préférons en effet éviter de conduire en ville : en plus des piétons imprévisibles et de l’état des routes secondaires, les Albanais ont une conduite sportive dans leurs Mercedes rafistolées : nous apprenons que le nombre de voitures a explosé depuis la fin de la dictature – le trafic individuel était interdit auparavant, et le permis n’est obligatoire que depuis 2011.


Nous empruntons donc le plus grand téléphérique des Balkans qui nous amène à une sorte de petit centre de loisirs avec quelques restaurants, des chevaux, des jeux pour les enfants et un parcours d’accrobranche. Nous nous baladons un peu dans les bois environnants même s’ils semblent encadrés par des terrains militaires. Nous apercevons néanmoins quelques bunkers, témoins de la folie paranoïaque d’Enver Hoxha (700 000 bunkers pour un pays de la taille de la Bretagne).

Un bunker
Jane et ses parents

Nous déjeunons sur place, avec une attraction un peu particulière : près des toilettes un homme seul déjeune, et dès que l’un de nous sort des toilettes, il s’exclame et nous récite en français quelques vers de poèmes que nous ne comprenons pas. Pourquoi pas !
Après le déjeuner, Jane et Marie-Christine s’essaient au tir sur les carabines à plomb puis nous repartons vers la ville.

Il ne faut pas l’embêter

Nous nous promenons une dernière fois dans la ville et, comme nous l’avait dit le Suisse du restaurant, nous tombons sur d’étranges statues, à moitié dissimulées derrière la Galerie d’art.

Surprenante rencontre
Le petit père des peuples, grandeur “nature”

Nous dînons pour le dernier soir dans le restaurant de poissons du premier soir qui nous avait bien plu et buvons un dernier raki avant de rentrer, pour conclure un agréable séjour dans la surprenante Tirana en compagnie d’Éric et Marie-Christine.

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